Par Serge Hartmann pour les D.N.A

Les figures humaines de Wehrung
Il y a trois ans, ses splendides portraits peints, suspendus au Temple neuf, à Strasbourg, rappelaient combien Christophe Wehrung avaient encore bien des choses à nous dire sur l’art du portrait. Il touchait à une vérité intérieure, à une présence affirmée sur la toile avec une profonde humanité, par le seul langage de la peinture.
Cette fois-ci, c’est par le dessin, traité toujours sur de grands formats, que l’artiste strasbourgeois nous revient. Une série de douze  » figures humaines « , ou le tracé haché du fusain révèle dans les visages et les habitudes, dans un relâchement du corps ou la tension aigüe du regard, l’ empreinte de la vie. Une tension du vécu, parfois proche du pathétique, que le dessin, dans la simplicité de son langage, accentue encore. Une puissance expressive que Christophe Wehrung maîtrise absolument. Et qui lui permet de nous parler de fragilité, de détresse, mais aussi de force et de résolution, avec une totale crédibilité.
Deux peintures – des vues d’ ateliers – et quelques gravures complètent ce bel accrochage.


Par Nicolas Brizault – 2005
Portrait à l’atelier
«… ça commence par le travail d’une toile, lui donner une couleur première pour soutenir toutes les autres. Viennent ensuite trois traits à la craie, pas beaucoup plus, pour situer les premiers éléments. Viennent ensuite les vraies couleurs, celles qui se soutiendront les unes les autres, qui serviront de bases à celles qui deviendront des détails, des éclats, du lisse ou du brut. Wehrung regarde, s’éloigne, revient. Les motifs apparaissent. Main, nuages, tout ça va se conclure patiemment, surprise lente et tendue. Wehrung travail, s’éloigne encore. Il est dans l’atelier, il est dehors, un modèle est face à lui immobile, des oiseaux chantent. C’est selon, selon l’envie, le sujet, le temps qu’il fait. Peindre est un plongeon, une intense concentration mais pour Wehrung c’est aussi un plaisir, une simplicité saisissable, s’étalant peu à peu sur du chanvre… »



Par Serge Hartmann pour les D.N.A
Ma p’tite reine dans tous ses états
Il y a dans l’approche de Christophe Wehrung quelque chose qui relève très directement d’une tendresse intuitive et calme de l’objet. Peu importe qu’il s’agisse ici de bicyclettes – même si ces dernières disposent d’un gros capital de sympathie. Probable qu’avec un ventilateur, un landau ou une centrifugeuse, le charme opérerait de la même manière. Car Christophe Wehrung possède cette sensibilité qui devrait lui permettre d’en saisir à chaque fois la tranquille et beauté.