Andrée Maennel

Christophe Wehrung, le plaisir de peindre

Peinture, dessin, gravure, sculpture, Christophe Wehrung explore ces différentes techniques avec un égal plaisir. Rien n’est prémédité chez cet artiste à la recherche de lui-même. Ses portraits et ses nus sont d’une expressivité tendre et puissante à la fois. Sans exhibitionnisme, sans fausse pudeur, ils sont d’une rare justesse. Ils donnent à voir des gens, tout simplement. Christophe Wehrung, peintre humaniste ?(...)
Il donne à voir, tout simplement.
« Le seul message, s’il y en a un, c’est qu’en choisissant de montrer quelque chose de l’ordre du visible, je donne au spectateur une porte d’entrée dans la peinture. C’est pour cela que je fais de la peinture figurative. Peu importe ce qu’il y voit, de toute manière chacun voit dans une peinture ce qu’il veut. Et c’est ce que je souhaite. »
Ce plaisir de peindre se retrouve dans l’éclectisme des sujets : poissons, bicyclettes, paysages, natures mortes, portraits, nus… L’essentiel de sa recherche est dans l’observation :
« Un crâne, un insecte, un corps, un visage, ça me parle, ça me fait plaisir. (...)
Réalisme, ressemblance ou justesse ?
S’il ne se revendique pas comme un spécialiste du portrait, c’est pourtant là que se traduit la profonde humanité de l’artiste ; ses corps comme ses visages sont chargés d’émotion et de vérité. Vérité, ressemblance, qu’en est-il ?
« J’aimerais être "juste" .(...)
Je fais une peinture assez réaliste,mais là encore, être réaliste, est-ce être ressemblant ? (...)Dans un visage ou un corps, il y a des formes, des bosses, des creux, des brillances ; je m’attache plus ou moins à certaines parties. »(...)
Entre deux séances de pose, Christophe Wehrung laisse passer du temps. Une façon de prendre distance.
« Je puise les éléments chez le modèle. Il faut être dans le sujet, mais à un moment donné, il faut prendre du recul. Après le départ du modèle, je « calme » les choses, pour pouvoir les formuler plus clairement. Le modèle revient deux semaines plus tard. Le regard peut aussi changer d’une semaine à l’autre. »
Ces temps de repos sont aussi destinés à respecter la matière. « Il faut laisser à la peinture le temps de sécher, sinon on ne profite pas vraiment de l’outil qu’est l’huile. »(...)

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